28/08/2010

La Crise Financière:La coopération internationale s’enlise dans les contradictions.

Il est très difficile de trouver une explication rationnelle au comportement erratique des marchés financiers. Il n’y a cependant pas lieu de s’en étonner en l’absence du moindre consensus entre des commentateurs respectés, qu’ils soient économistes, banquiers, journalistes gérants de fortune, régulateurs ou politiciens, dont les opinions sont en général étayées en fonction de leur origine.

 

Aux Etats-Unis, le débat se structure essentiellement autour de la question de l’emploi, elle-même très considérablement influencée par la proximité des élections de mi-mandat. La création d’emploi  y est considérée comme la clef d’une restauration de la confiance et est très largement prioritaire par rapport aux  problèmes engendrés par les déficits budgétaires et extérieurs. Néanmoins, les incertitudes auxquelles les employeurs doivent faire face vis-à-vis de la fiscalité, du coût futur de l’assurance des soins de santé, de l’incidence de la réforme financière sur le coût du capital et du crédit (y compris les règles de Bâle) ou encore d’une suspension ou prolongation ders mesures de relance, inhibent sérieusement leur volonté de recrutement malgré la réalisation de bénéfices souvent plantureux dans la première phase de la reprise. Ces incertitudes se sont reflétées dans un nouvel accès de faiblesse du marché immobilier où les ventes de maisons existantes ont atteint un nadir alors que les saisies pulvérisaient tous les records, engendrant un cercle vicieux de destruction de richesses.

 

Dans un tel environnement, la crainte d’un retour en récession refait surface et suscite des appels à de nouvelles mesures d’interventions de la Banque Fédérale de Réserve et de relance de la part du gouvernement. Si ces appels sont entendus, on doit s’attendre à une aggravation du déficit budgétaire ainsi qu’à un nouvel accès de faiblesse du dollar, ce dernier aléa demeurant, comme toujours, très secondaire pour les américains.

 

En Europe qui doit faire face au même défi de relance de la croissance, la priorité absolue est la restauration de la discipline budgétaire (définie par le Pacte Stabilité et de Croissance), qui est considérée comme le préalable incontournable au rétablissement de la confiance dans le système financier. En effet, il est de la responsabilité des Etats les plus fragiles de rassurer les investisseurs quant à leurs émissions de dette dont la qualité a souffert suite à l’érosion de leurs notations, conséquence directe du sauvetage de leurs banques et du financement des plans de relance, au point de mettre leur solvabilité en doute. Après la crise grecque, temporairement désamorcée par la création d’un Fonds de financement d’€ 110 milliards par l’UE et le FMI, c’est la capacité de l’Irlande de financer la poursuite de la recapitalisation  de ses banques (et/ou rachat de leurs actifs toxiques) qui est testée par les opérateurs de marché : la prime de risque par rapport aux Bunds atteint ces derniers jours des niveaux qui dépassent ceux observés au paroxysme de la crise financière.

 

Le fait que la monnaie unique prive les autorités de l’option de la dévaluation pour faire face – ne fut ce que partiellement – aux problèmes, accroît d’autant la pression sur les outils fiscaux et budgétaires. Les mesures d’austérité annoncées ou envisagées par l’ensemble des gouvernements de l’UE ne manqueront pas de ralentir - sinon casser - une reprise déjà lente et anémique.

 

Au cas (improbable) où les mesures arrêtées de part et d’autre de l’atlantique atteignent leurs objectifs prioritaires respectifs, on peut difficilement croire que l’on évitera un renchérissement « malvenu » de l’€. L’UE sera, par conséquent, confrontée à un choix cornélien : soit imiter la Chine et accumuler des réserves en dollars pour contrecarrer l’appréciation de sa devise (contribuant en cela à creuser les déséquilibres structurels globaux qu’elle stigmatise par ailleurs), soit freiner la reprise tirée par les exportations au moment même où une amélioration de la consommation apparaît peu probable. En effet, pour se protéger de hausses inéluctables d’impôts et d’un climat incertain en matière d’emploi, les ménages ont une forte tendance à favoriser l’épargne au détriment de la consommation.

 

Pour ce qui est des marchés émergeants, sur lesquels le monde industrialisé compte pour relancer la croissance mondiale, il convient de faire plusieurs remarques :

 

Malgré les taux de croissance élevés enregistrés, ces économies ne représentent qu’une fraction limitée du Produit Mondial Brut, et ne peuvent, de ce fait, apporter, à elles seules, la solution aux problèmes du monde industrialisé.

 

Dans la mesure (incertaine) où ces taux de croissance se révèleraient pérennes, cela engendrerait une demande soutenue pour la fourniture de matières premières et de denrées avec une pression à la hausse correspondante sur les prix; ceux-ci se répercuteraient sur les prix à la consommation dans le monde entier. Seul un ralentissement de l’activité économique pourrait inverser cette tendance mais au détriment des efforts de reprise dans les marchés développés : alternative peu réjouissante qui risque fort de réveiller des demandes de protectionnisme destructeurs.

 

La Chine et d’autres pays émergeants continueront à gérer d’une main ferme la valeur externe de leurs monnaies en faisant une priorité de leurs objectifs internes et justifiant cette position sur leur « droit moral »  au  rattrapage. Si, par exemple, la Chine décide de limiter l’appréciation du Yuan contre le dollar pour favoriser ses exportations en continuant d’acheter des bonds du Trésor américains (ou d’autres actifs libellés en USD), alors l’UE aura des difficultés supplémentaires si l’€ s’apprécie contre le dollar (voir ci-dessus).

 

Un autre écueil est de s’imaginer qu’à cause des taux d’intérêt très bas, les Etats peuvent accroître impunément leur dette sous prétexte que le coût global du service de leur dette diminue et rendre ainsi moins pénibles les mesures impopulaires d’austérité. En effet, quand les taux remonteront – ce qui est inévitable si une reprise vigoureuse s’installe – les coûts du service de la dette exploseront et mettront en péril l’équilibre budgétaire. Cela rendra la tâche des Banques Centrales particulièrement difficile dans leur gestion des « anticipations » d’inflation qui doit, comme son nom l’indique, précéder et non suivre l’évènement. Les autorités seront alors confrontées au dilemme d’enrayer la reprise ou de tolérer l’inflation.

 

La recherche de sécurité et de liquidité qui se traduit à l’heure actuelle par des achats massifs de fonds d’Etat (surtout à très court terme) devrait, au contraire, servir d’avertissement que le marché croît à la possibilité d’une nouvelle récession. Celle-ci, étant donné les moyens d’intervention limités de la plupart des gouvernements, pourrait se muer en dépression avec ses conséquences pernicieuses sur les plans politiques, économiques et sociaux. Le récent discours de Ben Bernanke à Jackson Hole confirme que les autorités monétaires américaines sont très vigilantes à ce propos.

 

Dans son discours du 25 août à l’occasion de l’assemblée des ambassadeurs de France, le Président Sarkosy a épinglé une série de défis auxquels la communauté internationale doit faire face. Il a proposé un ambitieux agenda pour les présidences françaises de G20 et G8 qui s’ouvrent en fin d’année, en mettant l’accent sur le renforcement de la coordination dans de nombreux domaines dont plusieurs ont été mentionnés ci-dessus : un nouveau système monétaire mondial (pour remplacer les accords de Breton Woods caduques depuis le début des années 70), une règlementation limitant la volatilité des cours des matières premières (et de leurs produits dérivés), la stabilisation du marché et de l’approvisionnement en énergie, le renforcement des standards de gouvernance etc.

 

Quels que soient le bien-fondé et l’absolue nécessité d’un tel agenda, y compris une approche dépourvue de tabous ou de préalables, le fait est que ces négociations n’échapperont pas aux rigidités idéologiques qui imprègnent les positions défendues par chacune des parties prenantes (voir ci-dessous). En conséquence il faut craindre que des résultats tangibles ne seront atteints que trop tard et que les solutions proposées qui auraient pu rencontrer les défis actuels, se révèleront inadéquates si une nouvelle crise intervient.

 

Les Etats-Unis ne se laisseront pas convaincre de la nécessité d’abandonner les avantages qui accompagnent le contrôle de la plus importante devise mondiale. Plutôt que de s’évertuer à des efforts stériles de création d’un actif de réserve « artificiel » (qui de toute façon ne sera jamais utilisé dans la presque totalité des transactions internationales), les principales puissances économiques devraient poursuivre leurs objectifs « multilatéralistes » en prenant les mesures nécessaires pour que leurs propres monnaies soient considérées comme des alternatives attrayantes au dollar américain. Un tel choix présente le grand mérite de substituer à une approche négative basé sur l’idée « Si je ne peux pas l’avoir, tu ne l’auras pas non plus » une attitude positive exprimée par « que le meilleur gagne », philosophie assurément plus proche du dynamisme américain que de la frilosité européenne.

 

La France (mais aussi la Grande-Bretagne) refusera d’abandonner son siège au Conseil de Sécurité au profit d’une représentation unique de l’Union Européenne ce qui soulignera les limites non-négociables que le Président veut imposer à son appel au renforcement de l’UE pour en faire une puissance mondiale à part entière. Ce faisant il contribue au blocage de la réforme des Nations Unies que, par ailleurs, il dénonce avec vigueur.

 

La Chine et d’autres pays émergeants ou en voie de développement avanceront également de bonnes raisons pour défendre bec et ongles les intérêts qu’ils considèrent comme vitaux et qu’il sera difficile de réconcilier avec ceux défendus par les pays occidentaux. Les premiers formuleront des exigences qui se traduiraient par un transfert massif de ressources au détriment des seconds. Il est clair que ce transfert a déjà été initié « passivement » dès le premier choc pétrolier; il est cependant douteux qu’il soit accepté de manière « proactive » par le monde industrialisé qui demeure totalement tributaire d’une idéologie soumise au dogme cardinal de l’inviolabilité de la propriété privée. Ce concept  qui a, sans aucun doute, servi  extrêmement bien l’occident, ne fait cependant pas partie de la culture d’une partie significative d’un monde dorénavant globalisé.

 

Si l’histoire se révèle un guide fiable, les probabilités sont que ces contradictions fermement ancrées ne trouveront de résolution qu’au travers d’évènements catastrophiques. Cette issue est d’autant plus regrettable que nous avons l’expérience, les connaissances et les ressources nécessaires pour rencontrer ces défis de manière constructive, mais il est malheureusement à craindre que les égoïsmes personnels et nationaux ainsi que la cupidité n’aient le dernier mot.

 

Il n’est donc pas surprenant que dans un tel contexte les marchés financiers se comportent d’une manière hautement imprévisible.

 

Je voudrais, pour conclure, décrire ma vision de la gestion de la crise financière sous forme de parabole :

 

Gérer la crise financière est comparable à 3 personnes se faisant soigner pour une gangrène :

 

Le premier se voit prescrire par son médecin l’amputation immédiate d’une jambe .Après une convalescence pénible et des adaptations significatives à son mode de vie il reprend une existence productive et gratifiante.

 

Le second est prié de s’armer de patience car une conférence sur sa pathologie doit se dérouler l’année suivante dans le cadre de l’OMS ; des antidouleurs devraient lui permettre de passer ce cap. Il souffre d’insomnies et l’angoisse paralyse toute velléité d’activité ; il devient de plus en plus agressif et intolérant vis-à-vis de son entourage. Deux ans plus tard il est amputé des deux jambes.

 

Le troisième est reçu à la hâte et s’entend dire de ne pas se faire de soucis et de continuer comme auparavant. L’année suivante ses amis le portent en terre.

 

Décider à froid d’une amputation nécessite beaucoup de courage mais est, in fine, la seule solution viable.

 

« Que ceux qui ont des oreilles… »  

 

14:54 Écrit par Paul N. Goldschmidt 13 Ave. Victoria 1000 Bruxelles | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

The Financial Crises:International cooperation appears stuck in its contradictions.

 

It is very difficult to find a rational explanation for the current confused behaviour of financial markets. This is hardly surprising when there is a total lack of consensus among highly respected commentators, be they economists, journalists, investment managers, regulators or politicians whose opinions/policies are often dictated by the location from which they build their argumentation.

 

In the United States, the debate centres principally on the question of employment and is heavily influenced by the upcoming mid-term elections. Job creation is considered the key to restoring confidence and ranks clearly ahead of dealing with the budget or external deficits. However, the uncertainties facing employers in terms of future tax hikes, the cost of employee health insurance, the impact of financial reform on the cost of capital (including the upcoming Basel regulations) and the expiry/reinstatement of stimulus measures strongly inhibit their willingness to hire, despite having often achieved enviable profits in the early stages of the recovery. These uncertainties translate directly into renewed weakness in the housing market in which existing house sales reach new lows and foreclosures new highs, initiating a vicious circle of “wealth destruction”.

 

In this environment, fear of a “double dip” recession is resurfacing, giving rise to demands for a new bout of quantitative easing by the FED and a reinstatement of stimulus measures by the Government. If these calls are heeded, one can expect a further deterioration in the budget deficit and further weakness in the dollar, the latter being considered a low priority problem.

 

In Europe, faced with the same challenge of fostering economic growth, the absolute priority is clearly to reinforce budgetary discipline as a precondition for re-establishing confidence in the financial system. It is indeed incumbent on the weaker European States to restore the trust of investors in their respective sovereign debt issues, after the erosion of their ratings in the wake of salvaging of the banking system and financing stimulus programs (to the point where their “solvency” has been put into question). After the Greek case, which has been temporarily defused by the €110 billion EU/IMF funding facility, the capacity of the Irish Government to finance the further necessary recapitalisation of its banks (and/or the purchase of their toxic assets) is being seriously tested by market operators: borrowing spreads over Bunds have reached higher levels than at the height of the financial crisis.

 

The fact that the single currency removes the option of addressing the problem – even partially – through currency devaluation puts an even greater strain on corrective fiscal and budgetary measures. The ensuing austerity measures announced or in preparation by EU governments cannot fail to dampen or even stall an already anaemic recovery.

 

In the (unlikely) event that measures taken reach their prime objectives on either side of the Atlantic, it is hard to believe that a corresponding “unwelcome” strengthening of the € is avoidable. The EU will therefore be facing an acute dilemma between imitating the Chinese policy of accumulating dollar reserves (assets) to forestall further € appreciation (and thereby contribute to the worsening of the global structural imbalances that it strongly stigmatises) or impeding the desired European export lead recovery, as the prospect of a consumer lead recovery is unrealistic in the face a propensity of households to increase savings as a hedge against poor employment prospects and inescapable future tax increases.

 

Turning now to the emerging markets on which the developed world counts to reignite world economic prosperity, several remarks are in order:

 

Despite the high rates of growth, these economies account only for a relatively limited share of world GDP and cannot, on their own, provide the solution to the developed world’s economic problems.

 

In the event that growth trends in emerging markets prove sustainable, the continued strong demand for commodities and raw materials from these areas is likely to put a strong upward pressure on prices, which will adversely affect consumer prices the world over. Only a marked slowdown in economic activity could reverse the trend but this would of course worsen recovery prospects in mature markets: a catch 22 situation liable to reawaken calls for destructive protectionist measures.

 

China and other emerging countries are bound to continue to “manage” firmly the external value of their currencies with primary focus on their domestic priorities, justified by their “moral right” to catch up. If, for instance, in order to facilitate its exports, China decides to limit the revaluation of the Yuan versus the dollar, through continuing purchases of US Treasury securities (or other dollar denominated assets), then the EU will face even greater problems if the € strengthens against the dollar (see above).

 

A further “trap” is the belief that prevailing record low interest rates provide a harmless opportunity to issue additional government debt because current “servicing costs” are being reduced, easing commensurately the scope of unpopular austerity measures. Indeed, when interest rates increase - as they must if a strong recovery gets underway - servicing costs will explode, severely testing continued budgetary discipline. This will make the Central Banks task to manage successfully “inflationary expectations” particularly difficult, all the more that their actions are supposed anticipate rather than to follow developments. Authorities will then be confronted with the dilemma of killing the recovery or tolerating inflation.

 

The current “flight to safety” into quasi cash government securities should, on the contrary, serve as a strong warning that markets consider seriously the possibility of a double dip recession which in turn, because of the limited capacity of governments to intervene, could readily transform itself into a fully fledged depression with all its attendant political social and economic consequences. The recent speech of Ben Bernanke at Jackson Hole shows how vigilant he remains on this matter.

 

In his address on August 25th to the annual meeting of French Ambassadors, President Sarkosy fingered some of the burning issues facing the international community. He proposed a very ambitious agenda for the forthcoming French presidencies of the G20 and G8, putting a strong emphasis on policy coordination in several areas, some of which were touched upon here above: foreign exchange policy (developing a framework to replace Breton Woods), volatility of commodity prices (with their attendant derivative markets), stabilisation of energy markets as well as developing new governance standards etc.

 

However well intended and necessary such an agenda may be, including the pragmatic recognition that these subjects must be addressed without preconceived ideas,  the reality is that discussions will face the inbuilt ideological rigidities that riddle the positions defended by each of the interested parties (see below). This means that any tangible results will emerge too late and that solutions, which might have been adequate to deal with current difficulties, may no longer be suited following a new crisis.

 

The United States are unlikely to surrender graciously the advantages of controlling the world’s major currency. Rather than devoting efforts to creating a new “artificial” multilateral world reserve asset, other major economic powers should pursue their quest for “multilateralism” by ensuring that their own currencies present an attractive alternative to the US dollar. Such an approach has the merit of replacing a negative attitude: “If I can’t have it, I don’t want you to have it” by a healthier more positive stance: “May the best win”, which is certainly closer to the dynamic American view than the defensive inward looking European mood.

 

France (and the United Kingdom) is similarly unlikely to surrender its seat on the Security Council in favour of a united European Union representation underscoring the implied non-negotiable limits that the President imposes on his strong plea for strengthening the EU as a major force on the world scene, thus contributing to the stalemate of UN reform that he so rightly stigmatises.

 

China and other emerging market and developing countries will also find ample reasons for defending tooth and nail their perceived vital interests which western powers will find difficult to reconcile with their own. The former will demand what amounts to a very considerable transfer of resources to the detriment of the latter. It is clear that this transfer has already been initiated “passively” since the first oil shock; it is, however, unlikely to be endorsed “proactively” by the industrialised world which remains immersed in an ideology dominated by the sanctity of private property, a concept that has undoubtedly served it extremely well but which is considered largely irrelevant in large areas of the globalised world.

 

If history is any guide, the probabilities indicate that these imbedded contradictions will finally be resolved through the unfolding of catastrophic events. This outcome is all the more regrettable that we have both the experience, the knowledge and the resources to deal constructively with these immense challenges but chances are that national and individual egoisms as well as the greed factor are most likely to gain the upper hand.  

 

It is therefore hardly surprising that in the face of so many implicit and explicit contradictions, financial markets behave in such a highly unpredictable manner.

 

I would like, in conclusion, to summarise my assessment of addressing the financial in the form of a parable.

 

Dealing with the financial crisis can be compared to 3 men seeking treatment for gangrene.

 

 The first goes to his doctor who recommends the immediate amputation of a leg; after a painful convalescence and having made significant adjustments to his way of life, the patient resumes a productive and gratifying activity.

 

The second is told that he should be patient because a conference of specialists on the subject is to be held next year at the WHO and that, in the mean time he should take some pills that should see him through the intervening period; for the next two years he has sleepless nights, anxiety paralysing any new initiative and he becomes increasingly aggressive and intolerant with his neighbours. After a two year delay both legs must be amputated.

 

The third patient is told not to worry, that he does not need treatment and should carry on as before; a year later his friends attend his funeral.

 

Deciding on submitting to amputation needs a lot of courage, but is, in the end, the only viable solution.  “That those who have ears…..”.

 

 

 

14:50 Écrit par Paul N. Goldschmidt 13 Ave. Victoria 1000 Bruxelles | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23/08/2010

Réforme Institutionnelle :Pourquoi l’impasse est quasi inévitable

 

L’approche poursuivie par le « Préformateur » dans les négociations institutionnelles est quasi certainement vouée à l’échec si l’objectif d’arriver à un accord « équilibré » est maintenu.

 

La définition d’un périmètre établissant les enveloppes budgétaires à transférer aux « Entités Fédérées » avait, dans un premier temps, donné l’illusion que toutes les parties prenantes étaient ouvertes  à réaliser une réforme « copernicienne » de l’Etat. Les chiffres avancés de transferts de plus de 15 milliards d’Euros, représentant quelques 49% des dépenses publiques, ainsi que la liste des matières concernées étaient impressionnants et confirmait l’illusion d’un véritable progrès.

 

C’était pourtant la partie la plus facile de l’exercice, car comme on le sait, « tant qu’il n y a pas accord sur le tout, il n’y a accord sur rien ». Or la difficulté réside précisément dans le « cadre institutionnel » dans lequel ces transferts doivent s’opérer, sujet qui, jusqu’à présent, semble – bien au contraire – ne faire l’objet du moindre consensus.

 

Monsieur di Rupo prend le risque de se laisser piéger par les négociateurs néerlandophones qui considèrent les montants et matières transférées comme des acquis définitifs mais qui, à l’évidence, ne constituent que le hors d’œuvre. Ils s’attèleront donc à la négociation d’un compromis sur les aspects institutionnels (structures Régions/Communautés, responsabilisation des entités fédérées, répartition/dévolution des compétences etc.) où ils réclameront d’autres concessions. L’introduction « surprise» de nouvelles demandes concernant les transferts (par exemple une partie de l’IPP), dont les négociateurs du nord savent pertinemment qu’elles sont inacceptables, n’est probablement destinée qu’à créer sans coût une « monnaie d’échange » contre des concessions francophones sur les aspect institutionnels pour donner l’illusion d’un « compromis ».

 

Prenons un exemple: le transfert des compétences en matière d’Allocations Familiales n’a de sens que si celles-ci sont clairement dévolues aux Régions et non aux Communautés, sans cela il faut s’y refuser car cela aboutirait à un traitement discriminatoire entre citoyens égaux devant la loi (les enfants). Non seulement cela créerait un casse-tête administratif mais on peut se demander si ce n’est pas la voie royale pour des recours à la Cour de Justice Européenne ou des Droits de l’Homme qui empoisonneraient pour des années l’application des décisions au seul détriment des citoyens sans mentionner des procédures judiciaires privées entre allocataires.

 

Or, la dévolution aux Régions de cette compétence est une condition difficilement acceptable pour les « nationalistes flamands » car elle renforcerait l’autonomie de la Région Bruxelles Capitale, mettant en danger leurs objectifs à long terme de séparatisme incluant la Capitale. On voit clairement le piège : si le principe du transfert des allocations familiales est considéré comme déjà « acquis », l’échec de la réforme sera attribué à l’inflexibilité des francophones sur la dévolution des pouvoirs, alors que ce transfert constitue déjà une concession majeure puisqu’elle constitue une première brèche évidente dans la sacro sainte « solidarité interpersonnelle ».

 

Si l’on désire réellement faire avancer la négociation, il faudrait mettre temporairement au frigo les soi-disant « acquis », et se concentrer d’abord sur le cadre institutionnel futur de la Belgique pour adapter ensuite les transferts négociés à ce nouveau cadre.

 

Il y a un très large consensus pour s’accorder sur la complexité excessive et le coût prohibitif du système institutionnel belge, issu des réformes et des compromis successifs depuis les années 1960, qui a clairement démontré ses limites. Sur ce plan, la situation de Bruxelles est exemplative avec la prolifération des instances et les conflits incessants de compétences (même si il faut saluer la bonne volonté des responsables qui a permis à ce jour une gestion exempte de  véritables blocages, lesquels pourraient resurgir à tout bout de champ, notamment dans le cadre d’un nouveau transfert massif de compétences aux entités fédérées).

 

Partant du constat que la grande majorité des citoyens ne désirent pas la fin de la Belgique et que sa pérennité ne peut s’envisager que dans un cadre « fédéral » (le confédéralisme impliquant d’abord la création d’Etats indépendants qui, dans un deuxième temps, négocient les matières à mettre en commun), il serait rationnel que le pays soit divisé en trois Régions, une Flamande, une Wallonne et un Bruxelloise (bilingue) avec superposition parfaite  entre les « territoires » et les « compétences ».

 

On pourrait s’inspirer utilement de principes en usage au niveau de l’Union Européenne, à savoir une application poussée du « principe de subsidiarité » qui assure une dévolution et responsabilisation de pouvoirs aux entités fédérées, ainsi que la création, en parallèle, de « coopérations renforcées » dans des domaines qui transcendent des compétences purement régionales. Dans les choix à faire le critère d’efficacité pour le citoyen doit être prépondérant.

 

En particulier, la Région Bruxelles Capitale doit avoir son propre Ministère de l’Education (bilingue) – tout comme il existait autrefois un seul Ministère de l’Instruction Publique pour l’ensemble du pays. Une Instruction Publique bilingue « obligatoire » en Région bruxelloise serait de nature à fortement améliorer l’accès à l’emploi de ses résidants et donc à améliorer ses finances propres. Dans la mesure où on veut responsabiliser les entités fédérées, par exemple en matière d’emploi, il est indispensable qu’elles aient le contrôle de l’ensemble des pouvoirs qui leur sont dévolus : si l’emploi est « régionalisé » et soumis à des critères de performance, alors Bruxelles doit avoir le contrôle de l’enseignement pour pouvoir atteindre ses objectifs de formation – notamment le bilinguisme - et ces matières ne peuvent être l’objet de blocages au niveau des Communautés suite à un conflit de compétences.

 

Les Communautés, comme institutions indépendantes, doivent donc être supprimées (ou fusionnées avec les Régions comme en Flandre). Les compétences « culturelles » qu’elles exercent pourraient faire l’objet de coopérations renforcées entre les Régions (bipassant le Fédéral) dans un esprit d’apporter aux citoyens, quel que soient leur régime linguistique, le maximum de services.

 

La réforme doit donc servir à simplifier l’architecture institutionnelle du pays, ce qui, au passage, devrait engendrer des économies substantielles sur le plan des budgets de fonctionnement et donc contribuer efficacement à redresser les finances publiques. La suppression et/ou réaffectation de nombreux postes administratifs renforceraient aussi l’efficacité des services; une réduction significative du nombre d’élus serait une contribution bienvenue du monde politique aux efforts qu’il s’apprête à demander aux citoyens dans le cadre des plans d’économies budgétaires.

 

Une autre suggestion concernant la Région Bruxelles Capitale consiste à lui faire adopter unilatéralement l’instauration de « Facilités » dans les 19 communes à l’intention de la population d’étrangers de plus en plus nombreuse et notamment ceux qui gravitent autour des institutions européennes. La mise à disposition de documents administratifs en anglais, allemand et espagnol sur simple demande du requérant pourrait servir d’exemple. Pour limiter les coûts, la gestion de ces facilités pourrait être l’objet d’une « coopération renforcée » entre communes et pourrait s’étendre, sur une base volontaire, aux communes de la périphérie qui le souhaiteraient.

 

Le renforcement de la coopération entre la Région Bruxelles-Capitale et l’Union Européenne devrait aussi faire l’objet d’une priorité politique qui soulignerait la spécificité de la Région bruxelloise et sa contribution unique à la prospérité du pays.

 

En conclusion, les négociateurs qui – en cas de fumée blanche institutionnelle – seront ceux qui devront négocier le programme gouvernemental, devraient se rendre compte que le citoyen, tant au nord qu’au sud, aura les plus grandes difficultés à faire la part des choses entre des « avancées » attribuables à la réforme et les charges supplémentaires inévitables qu’il va supporter en tant que contribuable pour redresser les finances publiques. Le pragmatisme et le bon sens « belge » doivent transcender toute forme d’idéologie dans un monde où l’ouverture et non le repli sur soi est seule capable de répondre aux aspirations légitimes de bien-être.

 

Si la Flandre entend « immuniser » au travers de la réforme, ne fusse que partiellement, ses ressortissants des sacrifices à venir, il est évident qu’aucun accord équilibré n’est possible.

 

 

14:03 Écrit par Paul N. Goldschmidt 13 Ave. Victoria 1000 Bruxelles | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/08/2010

« Débaptisations » !

 

Je suis croyant et pratiquant, droits que j’exerce et revendique au nom des principes du Libre Examen auxquels je reste très attaché depuis mes études à l’ULB dans les années 1950. Aussi, suis-je profondément choqué – au nom de ces mêmes principes – que le Conseil d’Action Laïque (CAL) s’octroi la prétention non seulement de délivrer des « Certificats de Débaptisations » mais encore d’utiliser cette pratique pour renforcer sa campagne anticléricale historique en liant cette démarche aux faits de pédophilie (unanimement condamnés) qui ont éclaboussé l’Eglise.

 

Il va de soi que je respecte pleinement la démarche d’un croyant, qui change librement d’opinion, de se convertir à une autre religion ou de se proclamer athée. J’avoue ne pas comprendre en quoi cela nécessité la délivrance d’un « Certificat », notamment par une association qui n’a aucun statut ou part dans le sacrement du Baptême qu’il prétend ainsi « annuler ». En ce qui me concerne, la seule autorité qui aurait éventuellement le pouvoir de « débaptiser » est l’Eglise elle-même, de même qu’elle seule prononce, le cas échéant, « la nullité » (et non l’annulation) du «  mariage religieux » dans des conditions qu’elle seule détermine. Cette reconnaissance de nullité - tout comme le mariage religieux –  relevant purement de la sphère privée, n’a aucune conséquence sur le plan juridique et reste donc totalement indépendant d’une procédure de divorce.

 

Pour souligner non seulement l’arrogance mais aussi l’absurdité de la démarche du CAL, je me demande quelle serait sa réaction si, étant juif de naissance – et n’ayant donc pas choisi de l’être - j’introduisais une demande de « Certificat de  Déjudaïsation » au motif que je suis scandalisé de l’attitude d’Israël concernant Gaza ou la construction de nouvelles colonies.

 

J’en conclu que la motivation du CAL, en donnant tant de publicité à cette démarche, est essentiellement de renforcer à des fins partisanes l’amalgame superficiel et erroné entre les faits de pédophilie et le rôle de l’Eglise Catholique.

15:44 Écrit par Paul N. Goldschmidt 13 Ave. Victoria 1000 Bruxelles | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |