17/08/2010

« Débaptisations » !

 

Je suis croyant et pratiquant, droits que j’exerce et revendique au nom des principes du Libre Examen auxquels je reste très attaché depuis mes études à l’ULB dans les années 1950. Aussi, suis-je profondément choqué – au nom de ces mêmes principes – que le Conseil d’Action Laïque (CAL) s’octroi la prétention non seulement de délivrer des « Certificats de Débaptisations » mais encore d’utiliser cette pratique pour renforcer sa campagne anticléricale historique en liant cette démarche aux faits de pédophilie (unanimement condamnés) qui ont éclaboussé l’Eglise.

 

Il va de soi que je respecte pleinement la démarche d’un croyant, qui change librement d’opinion, de se convertir à une autre religion ou de se proclamer athée. J’avoue ne pas comprendre en quoi cela nécessité la délivrance d’un « Certificat », notamment par une association qui n’a aucun statut ou part dans le sacrement du Baptême qu’il prétend ainsi « annuler ». En ce qui me concerne, la seule autorité qui aurait éventuellement le pouvoir de « débaptiser » est l’Eglise elle-même, de même qu’elle seule prononce, le cas échéant, « la nullité » (et non l’annulation) du «  mariage religieux » dans des conditions qu’elle seule détermine. Cette reconnaissance de nullité - tout comme le mariage religieux –  relevant purement de la sphère privée, n’a aucune conséquence sur le plan juridique et reste donc totalement indépendant d’une procédure de divorce.

 

Pour souligner non seulement l’arrogance mais aussi l’absurdité de la démarche du CAL, je me demande quelle serait sa réaction si, étant juif de naissance – et n’ayant donc pas choisi de l’être - j’introduisais une demande de « Certificat de  Déjudaïsation » au motif que je suis scandalisé de l’attitude d’Israël concernant Gaza ou la construction de nouvelles colonies.

 

J’en conclu que la motivation du CAL, en donnant tant de publicité à cette démarche, est essentiellement de renforcer à des fins partisanes l’amalgame superficiel et erroné entre les faits de pédophilie et le rôle de l’Eglise Catholique.

15:44 Écrit par Paul N. Goldschmidt 13 Ave. Victoria 1000 Bruxelles | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Le CAL n’entend pas mener une campagne anticléricale de débaptisation !

Le Centre d’Action Laïque (CAL) et ses composantes entendent rectifier un certain nombre d’informations parues dans la presse de ces derniers jours à propos d’une « campagne de débaptisation » que le mouvement laïque lancerait et des « certificats de débaptisation » qui seraient délivrés comme il est dit dans La Libre Belgique de ce 19 août 2010.

Le mouvement laïque n’est, contrairement à ce qu’un lecteur de La Libre Belgique affirme, motivé par le souci de « renforcer à de fins partisanes l’amalgame superficiel et erroné entre les faits de pédophilie et le rôle de l’Eglise catholique. »

En réalité, la Fédération des Amis de la Morale Laïque, association membre du CAL, accompagne depuis de nombreuses années un certain nombre (jusqu’à présent limité) de personnes qui s’adressent à elle lorsqu’elles ont pris la décision de demander de se faire radier des registres paroissiaux de baptême de l’Eglise catholique. Aucun prosélytisme donc ou quelconque « combat anticlérical » mais bien un soutien administratif donné aux personnes qui, bien souvent, se déclarent athées, agnostiques ou tout simplement sorties de l’Eglise catholique (explications sur la démarche à suivre, formulaire mis à disposition sur son site internet). La FAML ne délivre donc en aucune manière de « certificats de débaptisation » puisque qu’il est évident que seule l’Eglise catholique est habilitée à radier l’inscription dans les registres paroissiaux.
Farouchement attaché au principe de séparation entre les Eglises et l’Etat, il serait inconcevable que le CAL intervienne d’une quelconque manière dans la gestion interne de l’Eglise catholique romaine !
Rappelons par ailleurs que le baptême catholique n’a aucune conséquence juridique au regard de la loi civile et n’intervient jusqu’à ce jour en aucune manière dans la détermination des montants de subsides publics alloués aux cultes.

Concernant la débaptisation, il s’agit avant tout d’une démarche personnelle de nature symbolique que certaines personnes éprouvent le besoin d’entamer – et d’autres pas – alors qu’ils sont devenus athées, agnostiques ou non croyants.

Force est de constater que les demandes d’intervention adressées à la FAML augmentent à chaque intervention sujette à débat au sein de l’Eglise, tout particulièrement depuis les déclarations du Pape Benoît XVI sur le préservatif en Afrique.

Écrit par : Yves Kengen | 20/08/2010

Débaptisations

(Réponse aux « Précisions » apportées par le Centre d’action laïque asbl)


La libre Belgique du 21 août publie la réponse du CAL à mon billet du 19 de ce mois. La rapidité de la réaction m’incite à croire que j’ai touché une corde sensible. J’y note aussi plusieurs contradictions et/ou ambiguïtés:

L’affirmation qu’il s’agit d’un « soutien administratif » s’accorde difficilement avec « des demandes d’intervention adressée au FAML ».

L’affirmation que « la débaptisation est avant tout une démarche personnelle… » sous- entend qu’elle est aussi – subsidiairement – autre chose. Quoi donc ?

Mais c’est surtout l’affirmation en guise de conclusion d’une augmentation des demandes « à chaque intervention sujette à débat au sein de l’Eglise, tout particulièrement depuis les déclarations du pape Benoît XVI sur le préservatif en Afrique » qui m’interpelle. Elle est sensiblement différente de celle d’un communiqué antérieur du CAL qui liait directement cette « augmentation » au scandale de la pédophilie (chiffres à l’appui) et c’était en particulier contre cet amalgame explicite que je me suis insurgé. Il y a une différence tout à fait fondamentale entre la position « doctrinaire » de l’Eglise contre l’usage du préservatif (que je ne partage pas) mais qui ne constitue en aucun cas un délit et les faits de pédophilie qui sont réprimés par la loi.

Je prends donc acte de ce que les précisions du CAL atténuent considérablement la portée de ses déclarations antérieurs. Cela n’enlève rien au ridicule dont il se couvre en apportant un soutien à une démarche dont la portée est sans objet.


Bruxelles, le 21 août 2010

Écrit par : Paul Goldschmidt | 23/08/2010

Merci, Monsieur Goldschmidt. Le CAL ne publie rien sans s'attaquer à la religion. J'ai vu dans la maison qu'ils occupaient vers 1983 - 84 (dans le quartier Sainte Véronique à Liège) publications dans le hall, remplies de textes et caricatures anticléricales dignes du milieu du XIXe siècle.
Dans la publication culturelle communale de Soumagne, il y & quelques années, j'ai vu comme seule communiqué du mouvement d'Action laïque local une incitation à demander de manière insistante à se faire rayer des listes de baptêmes de la paroisse.
Ceci est demander au curé de la paroisse de commettre un faux en écriture, puisque le baptême a bien eu lieu, et c'est simplement de ceci qu'atteste le registre, et non l'appartenance actuelle à l'Eglise catholique. Tiens, pourquoi ne poussent-ils pas les musulmans devenus incroyants à se faire recoller le prépuce... comme signe de leur incroyance....
Personnellement, je dirais plutôt à ces personnes que la religion chrétienne, par ses textes évangéliques, diffuse bien plus de messages humanistes, d'amour des autres, de pacifisme que ne le fait le CAL. Je les inviterais en particulier à lire 3 petis chapitres de l'Evangile de Matthieu : les chapitres 5, 6 et 7. Ils y verront l'essence même d'un comportement chrétien. Cela ne m'empêcha pas de dire qu'il y a beaucoup plus de baptisés que de chrétiens, c.à.d. ceux qui respectent les principes de vies prêchés par Jésus-Christ.

Écrit par : Albert LESOINNE | 09/09/2010

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