23/11/2009

Pourquoi le choix Van Rompuy – Ashton est bon pour l’Europe.

 

Les analyses véhiculées par la presse internationale au lendemain de la désignation du futur Président du Conseil Européen et du Haut Représentant pour les Affaires Etrangères sont surprenantes: on reproche notamment aux Chefs d’Etat et de Gouvernement d’avoir désigné des personnalités, affublées – gratuitement - de qualificatifs tels que « terne » « effacé » « inexpérimenté » (quand ce ne sont pas des propos carrément injurieux et offensants dont leurs auteurs devraient avoir honte), alors que ces nominations sont précisément ce dont l’Europe a besoin à ce moment crucial de son évolution institutionnelle.

 

Pourquoi ? Au moment où le Traité de Lisbonne va entrer en vigueur au bout d’un processus long et chaotique, le principal défi confrontant l’Union est de faire fonctionner la nouvelle architecture et ainsi de permettre à l’Europe de se renforcer, notamment dans la lutte contre la crise économique et sociale. Les nominations de très fortes personnalités, telle que Tony Blair, comme premier Président du Conseil Européen et Massimo d’Alema comme Haut Représentant  auraient constitué un cocktail détonnant, garantissant la paralysie de l’Europe et un recul encore plus prononcé du rôle de la Commission (ce que les eurosceptiques anglais recherchaient probablement).

 

Il ne faut donc pas estimer que le Conseil s’est rabattu sur un « plus petit  dénominateur commun» mais, bien au contraire, a choisi des personnalités qui peuvent s’entendre et travailler en équipe sans que des considérations d’ego personnel interviennent. Cela constitue une chance inouïe pour l’Union car, si le trio ainsi constitué parvient à rendre l’action de l’Europe plus efficace notamment  en harmonisant les travaux du Conseil et de la Commission sous la surveillance du Parlement Européen, un précédent important aura été établi. Lors du renouvellement de ces instances d’ici cinq ans (le mandat  de deux ans et demi du Président, renouvelable une fois, ne devrait pas être mis en cause si l’harmonie règne entre les trois collaborateurs) la nécessité de sélectionner une « équipe »  soudée s’imposera.

 

Cette situation pourrait offrir la possibilité au Parlement Européen de jouer un rôle majeur, surtout si, lors des élections européennes qui précèdent le renouvellement des équipes exécutives, les partis politiques se mobilisent en faveur de candidats potentiels.

 

Un tel scénario devrait conforter les europhiles;  ils devraient reconnaître la sagesse des dirigeants politiques qui ont ouvert une nouvelle voie vers une intégration plus poussée de l’Union tout en évitant les aléas d’une nouvelle négociation institutionnelle dont personne ne veut. Quant aux europhobes, après leurs cris d’orfraie et leur expressions de « schadenfreude »,  je leur prédis un réveil avec une solide gueule de bois.

 

Tout cela laisse, bien entendu, une énorme responsabilité sur les épaules du trio Van Rompuy, Barroso et Ashton car, de leur capacité de mobiliser toutes les forces vives de l’Union dépendra, entre autres, la possibilité de défendre efficacement les intérêts des 27 Pays Membres dans l’arène internationale ainsi que d’assurer une coordination efficace des mesures difficiles à prendre dans le cadre de la gestion de la sortie de crise.

 

Il ne me reste plus qu’à les féliciter et leur souhaiter bon vent !

21:16 Écrit par Paul N. Goldschmidt 13 Ave. Victoria 1000 Bruxelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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