14/06/2009

Elections - Acte 2. : Les Négociations

L’accueil chaleureux réservé à ma première réflexion (« le MR serait-il mauvais perdant ? ») m’incite à repasser les plats.

 

Après une semaine d’ « opérations de séduction », on peut constater que de nombreuses « convergences » se dessinent et les acteurs se confondent en amabilités jusque sur les plateaux de télévision : du jamais vu !

 

Ce qui est très réconfortant c’est que le politique se déclare unanimement d’accord pour prendre en compte le message de l’électeur : par exemple, sur le plan de l’éthique on s’évertue à faire de la surenchère (mea culpa au PS – priorité au changement du côté MR) ; sur le plan économique on découvre la compatibilité de l’écologie avec le « plan de relance ».

 

Même sur le plan des « exclusives », le discours s’est modéré : le « bain de sang social »  doit tenir compte des « réalités budgétaires » et l’ « orthodoxie financière » doit tenir compte des besoins de ceux qui sont le plus touchés par la crise.

 

On nous promet des décisions après la tenue des réunions des bureaux politiques ce lundi.

 

Alors si les Ecolos et leurs alliés objectifs le CDH veulent continuer à nous étonner, pourquoi ne capitaliseraient-ils pas sur cette « bonne volonté » affichée par tous les partenaires pour suggérer une QUADRIPARTIT E ! Poussant le bouchon un peu plus loin les Ecolos revendiqueraient les Présidences de Région et le CDH de la Communauté.

 

Ce schéma aurait de nombreux avantages :

 

1)      D’abord, à la veille de la reprise des négociations communautaires, l’unité des francophones renforcerait considérablement leur position. De plus, cela pourrait faciliter la tâche de Kris Peeters qui pourrait, dans ce cas de figure préférer, une tripartite « traditionnelle » (CD&V - SPa- OpenVLD) en contrepartie d’une assurance d’aboutir à une réforme équilibrée.

2)      Ce serait une leçon d’humilité bienvenue pour les deux « grands » partis francophones. Le PS tirerait les leçons de son score en abandonnant la présidence Wallonne alors que le MR serait invité à abandonner ses prétentions à la présidence Bruxelloise. Renvoyés dos à dos ce serait peut-être acceptable pour l’un comme pour l’autre. Ils seraient tous deux « perdants » (comme leurs scores respectifs le suggèrent) et l’électeur serait le grand gagnant.

3)      Il est illusoire de penser que l’on puisse résoudre les problèmes liés à la crise au niveau régional ou même fédéral. La dimension européenne est ici le plus petit commun dénominateur pour être efficace. La sortie de crise nécessite un vrai changement (revendication MR) mais sa mise en pratique implique une plus grande solidarité (revendication PS). Cela pourrait se traduire par un accord sur une révision de la fiscalité avec une baisse des charges sur le travail (revendication MR) mais une imposition plus équitable des revenus du capital (revendication PS). Un accord entre les quatre partis serait donc le meilleur gage d’efficacité.

 

 Conclusion :

 

Il y a toutes les raisons pour, qu’après la rhétorique électorale, on enterre la hache de guerre et on oublie les exclusives qui n’ont pas lieu d’être entre personnes qui s’affichent toutes comme défenseurs de l’intérêt des citoyens.

 

Le parti Ecolo, qui a courageusement et intelligemment « pris la main » au lendemain du scrutin du 7 juin devrait, avec l’appui ferme du CDH, continuer à nous surprendre. Sortir une « quadripartite » du chapeau démontrerait que malgré la complexité institutionnelle de la Belgique, la politique conserve ses lettres de noblesse et que le « sens de l’Etat » est encore bien présent.

 

21:30 Écrit par Paul N. Goldschmidt 13 Ave. Victoria 1000 Bruxelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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